La providence de Valérie Tong Cuong

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Ils sont rares, les livres qu’on engouffre sans rien en attendre de particulier, et que l’on finit par déguster par petites pages pour ne pas qu’ils terminent trop vite. Providence, de Valérie Tong Cuong, est de ceux-là. Magnifiquement écrit, il raconte les histoires séparées de cinq personnages qui n’étaient pas destinés à se croiser : Marylou, assistante du patron d’une entreprise aux activités troubles ; Tom, producteur célèbre et éperdument amoureux de Libby ; Prudence, jeune femme noire numéro deux d’un grand cabinet d’avocat ; Albert Royal, architecte de renom. Charlie, sans domicile fixe. Une journée comme les autres va décider de réunir tous ces destins. Une journée de providence : Charlie décide de se jeter sous les rails d’un métro dans lequel se trouve Marylou, qui est déjà très en retard et doit amener à son patron des dossiers très importants avant le début de sa réunion. Alors qu’elle se finit par arriver dans son entreprise, une explosion met fin aux jours de tous ses membres, exceptée elle, qui se retrouve à l’hôpital, où elle croise Tom qui vient d’avoir un accident de vélo assez grave et souffre d’une hémorragie interne. Il a besoin de sang, mais son groupe est O négatif. Un groupe rare. Et qui est O négatif ? Paulo, le fils de Marylou. Qui finira par tomber amoureuse de Charlie, qui lui aussi se trouve à l’hôpital pour soigner les blessures de son suicide raté, et qu’elle a tenu à saluer pour lui avoir sauver la vie en retardant sa rame de métro…Voilà quelques unes des jolies trouvailles de ces quotidiens qui se croisent à la Magnolia. Le tout est extrêmement bien écrit par une plume à la fois précise et légère. Providence se goûte comme un macaron de La Durée : avec gourmandise, tout doucement, en profitant de l’effet de chaque mot sur nos sens en émoi.

Publié dans Des LIVRES et moi

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